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Shahriar : le prince du royaume de la poésie

Sous ce terme de « poésie » se présentent, à nous qui les reconnaissons sans hésiter, des œuvres ou des actions d’apparences souvent diverses ou contradictoires. Le langage est un monde presque infini, il passe par nombre de voix. La pensée et le sentiment pourront cheminer vers un même centre. N’oublions pas aussi les circonstances historiques qui imposent aux poètes des priorités bien vite changeantes dans l’appréhension des urgences et l’interprétation de la société. Toutefois, il existe au sein de notre parole une expérience fondamentale ancrée si profondément dans les mots qu’elle assure le trait commun aux manifestations de la poésie. Une réflexion sur la poésie, ce qu’elle est, ce qu’elle devra être… Voilà à quoi nous invite cette édition du magazine « Art et culture », consacrée au centenaire d’un poète iranien contemporain, le maître Shahriyar.

O astre lumineux, ce soir aussi tu ne rentres pas
Aurore de la nuit de la séparation
Tu ne rentres pas
Suis-je ton prisonnier
O mon astre au front d’argent, pourquoi
Ce soir encore tu ne rentres pas
De l’issue de la prison
Pourquoi cette animosité à mon encontre
O nuit sombre
Pour n’avoir pas d’issue
Comme le récit de l’amour
Le printemps de la vie de Shahriyar
Cède la place à l’automne
Car, ô gerbe de fleur au parfum exquis
Tu ne rentres pas

Né en 1905 à Tabriz, dans une famille cultivée, Seyyed Mohammad Hossein Behjad Tabrizi, qui se choisit Shahriyar comme nom de plume, se familiarisa encore très jeune, grâce à sa mère, aux classiques de la poésie persane. Il esquisse dans le poème dédié à sa mère, le portrait de cette femme érudite :
Mon héritage poétique vient d’elle.
Depuis qu’elle me chantait dans le berceau
Chansons et berceuses
Et me racontait
Contes et histoires
Ont imprégné mon âme mélodie et poésie
Que son sourire faisait épanouir dans mon cœur
Pour les arroser ensuite de ses larmes
Shahriyar eut une enfance ponctuée d’insurrections et de conflits qui secouaient Tabriz. La famille préféra de quitter la ville et aller s’installer dans la campagne. Le jeune poète entama ses études primaires à la petite école du village et son père l’initia au Golestân de Saadi et à d’autres monuments de la littérature classique persane. Ce fut à cette même époque qu’il découvrit le Divan des ghazals de Hafez de Chiraz. Cette découverte fut un tournant dans la vie de Shahriyar ; et cela à tel point qu’il reconnaît lui-même : « je suis redevable en tout à Hafez ».
Shahriyar termina ses études primaires et le premier cycle à Tabriz. Il apprit en même temps l’arabe. Il se rendit en 1921 à Téhéran pour terminer ses études secondaires à Darolfonun, Ecole polytechnique de la capitale. Il opta ensuite pour la médecine comme formation, mais cinq ans plus tard, arrivé presqu’au terme de ses études, il quitta brusquement l’université. Shahriyar avait organisé à Téhéran un cercle artistique que fréquentaient ses amis. Mais il préférait avant tout autre chose la solitude. Shahriyar perdit en 1937 son père et 15 ans plus tard sa mère. Resté seul, il retourna dans sa ville natale, Tabriz pour s’y éteindre en 1988.
Le maître Shahriyar composait des poèmes dès la fleur de l’âge jusqu’à ses derniers moments. L’âme du papillon fut sa première œuvre. Une partie de ses poèmes dédiés à Mirza Ahmad Khan Ashtari, fut publié en 1931, un recueil préfacé par les noms les plus célèbres du monde littéraire dont Malek olchara Bahar et Saïd Nafisi. Plus tard, ce fut à Téhéran que parut son Divan intégral en quatre volumes, puis à Tabriz en deux volumes. L’art de la poésie se définit en ces termes sous sa plume : « La quintessence de la poésie est cet effet, cette palpitation qui imprègne l’âme de l’interlocuteur… et que les sens du poète puisent dans la nature. » Il n’est pas juste de qualifier uniquement Shahriyar de maître de ghazal, son Masnavi nous rappelle qu’il est aussi maître de ce genre majeur de la poésie persane qu’est le masnavi. Ce sera le même constat, si nous nous penchons sur ses qasidas, et nous les trouverons uniques dans leur genre.
Comblé de sentiments doux et subtils, le discours poétique de Shahriyar se révèle fluide et naturel. Un discours profondément marqué par le style eraqi, notamment celui de Saadi. Sa poésie est digne l’héritière de l’esprit épique de Ferdowsi, de la subtilité et de la fluidité de Saadi, de la solidité et de la beauté sublime de Hafez, de la vision mystique de Molana Rumi. La souffrance humaine constitue le noyau de la poésie de Shahriyar. Une poésie authentique qui puise à la fois dans la passion et la raison, l’amour et la gnose. Imprégnée de sentiments purs et du mysticisme, son âme se reflétait partout dans son œuvre notamment dans ses ghazals qui en sont la manifestation authentique.
Les différentes formes de la poésie persane, dont le ghazal, le qasida, le masnavi, le quatrain… ont permis au maître Shahriyar de mettre à l’épreuve son talent et sa compétence. Son langage poétique diffère selon le thème abordé : il s’agit parfois d’un langage raffiné, voire précieux, qui, échafaudé sur une rhétorique la plus rigoureuse, repose sur les principes de la prosodie classiques ; parfois ce sont les locutions et les termes tirés du folklore et du langage parler qui façonnent le poème ; parfois c’est dans la poésie moderne que le poète trouve le cadre approprié à ses épanchements poétiques. Une telle diversité dans le style ou la forme ne signifie pas pourtant une œuvre hétéroclite ; loin de cela, Shahriyar a jeté les bases d’un monument uni et toujours actuel, dont le ciment est l’être-au-monde du poète.
Le chercheur et homme de lettre Yahya Arianpour explique cette unité dans la pluralité et nous donne un meilleur aperçu de la poésie de Shahriyar :
« La majorité des poèmes de Shahriyar pour ne pas dire tous, se situent dans une conjoncture temporelle particulière. Le poète n’hésite pas, même dans ses plus beaux ghazals qui sont à la hauteur des grands classiques de la poésie persane, à employer avec brio, des termes et expressions du langage quotidien. Seul, le facteur du temps distingue sa poésie de celle des Anciens. »
Solidaire avec l’humanité entière, Shahriyar avait fait sien le lot de souffrance de l’homme. Il avait placé ce thème au centre de son œuvre, il en avait fait le point phare de sa poésie, une poésie qui repose sur les deux piliers de la ferveur et du mysticisme. Shahriyar développe dans un article ses idées sur l’art, l’amour, la poésie et l’inspiration. Il reconnaît différentes étapes à l’amour. A ses yeux, c’est dans l’amour divin et mystique que la poésie doit chercher sa perfection. La quintessence de l’homme, selon lui, se résume dans la raison ; et lorsque la raison tend vers la purification, la lumière divine que les sages ont appelé l’amour, inondera son âme. Faute de cette lumière, la poésie sombrera dans le néant des ténèbres. Au-delà du cercle restreint de l’individuel, Shahriyar s’émancipe dans ses meilleurs poèmes, de tout attachement mesquin d’ici-bas, pour s’engager, détaché de toute trivialité, sur la voie divine.
Sous ce terme de « poésie » se présentent, à nous qui les reconnaissons sans hésiter, des œuvres ou des actions d’apparences souvent diverses ou contradictoires. Le langage est un monde presque infini, il passe par nombre de voix. La pensée et le sentiment pourront cheminer vers un même centre. N’oublions pas aussi les circonstances historiques qui imposent aux poètes des priorités bien vite changeantes dans l’appréhension des urgences et l’interprétation de la société. Toutefois, il existe au sein de notre parole une expérience fondamentale ancrée si profondément dans les mots qu’elle assure le trait commun aux manifestations de la poésie. Une réflexion sur la poésie, ce qu’elle est, ce qu’elle devra être… Voilà à quoi nous invite cet exposé, consacrée à un poète iranien contemporain, le maître Shahriyar.

Le vent de l’injustice a fauché le coquelicot
O Seigneur ! Pourquoi l’automne dans le printemps épanoui ?
Chaque coquelicot qui germe de ce terroir
Ravive notre deuil des amis disparus
Seules les armes consolent mon cœur

Solidaire avec l’humanité entière, Shahriyar avait fait sien le lot de souffrance de l’homme. Il avait placé ce thème au centre de son œuvre, il en avait fait le point phare de sa poésie, une poésie qui repose sur les deux piliers de la ferveur et du mysticisme. Shahriyar développe dans un article ses idées sur l’art, l’amour, la poésie et l’inspiration. Il reconnaît différentes étapes à l’amour. A ses yeux, c’est dans l’amour divin et mystique que la poésie doit chercher sa perfection. La quintessence de l’homme, selon lui, se résume dans la raison ; et lorsque la raison tend vers la purification, la lumière divine que les sages ont appelé l’amour, inondera son âme. Faute de cette lumière, la poésie sombrera dans le néant des ténèbres. Au-delà du cercle restreint de l’individuel, Shahriyar s’émancipe dans ses meilleurs poèmes, de tout attachement mesquin d’ici-bas, pour s’engager, détaché de toute trivialité, sur la voie divine.
Profondément imprégné de ses croyances religieuses, Shahriyar avait trouvé dans le Coran, une source intarissable de connaissances où il puisait largement. Il était encore très jeune lorsqu’il se familiarisa avec le Livre saint. Donnons la parole au poète lui-même qui nous en parlera mieux que quiconque : « Je dois mon progrès littéraire au Coran. Je n’avais que six ans, lorsque j’appris mon alphabet. A cette époque, nous vivions à la campagne. Ce fut à cette même période que je découvris le Coran et me familiarisai avec le Livre. Ces termes et expressions célestes et mélodieux berçaient mon cœur d’enfant et comblaient de leur douceur mon âme. »
Shahriyar développait parfois dans ces poèmes un verset coranique, sous forme de parabole ou de fable. L’honorable Ayatollah Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique, esquisse en grandes lignes, un portrait précis du maître Shahriyar, rappelant cet aspect de sa poésie : « La familiarisation avec le Coran, la spiritualité sont les traits saillants des trois dernières décennies de la carrière poétique de Shahriyar. Ce qu’on remarque clairement à travers ses poèmes. Ce fut avec cette même mentalité religieuse et limpide qu’il salue la révolution islamique, qu’il l’accueille à bras ouvert, et qu’il joua un rôle efficient dans les différentes étapes du mouvement révolutionnaire. »
Une juste conception de l’époque assure, pour grand nombre de critiques et théoriciens littéraires, la pérennité de l’œuvre d’un poète aux époques ultérieures. Le poète conscient de son temps suivra de près les hauts et les bas de la société, au fil des années, il saura peindre son milieu, se verra ancré dans le paysage culturel de sa patrie. Shahriyar se voulut ce poète conscient de son époque. Sa poésie fut ce miroir à deux facettes dont l’une reflète le passé tandis que l’autre est tourné vers le futur. Shahriyar ne se considérait pas comme ce poète enfermé dans sa tour d’ivoire, écarté et isolé de la société. Par contre, il suivait à la loupe, le cours de la vie au sein de la société. Il dénonçait d’un ton dur le profond fossé qui séparait les pauvres des nantis. Son regard sceptique envers la société de l’époque de l’ancien régime et les problèmes avec lesquels elle était aux prises, explique pourquoi il fut le fidèle compagnon de la révolution islamique.
J’ignore pourquoi il demande le chemin
De notre masure endeuillée
Cet hiver ignore la demeure du nanti
Au palais de la tyrannie, la pluie incline humblement la tête
Mais, arrogante et implacable,
Elle fait crouler
La maison sur la tête du pauvre
Poète engagé, Shahriyar se trouvait toujours aux côtés du peuple, dès les premiers mouvements révolutionnaires, dans toutes les vicissitudes de son histoire, dont les huit années de la défense sacrée. Armée de sa plume, il avait su occuper une place notoire, dans les rangs serrés du peuple et ne s’en détourna jamais. L’écrivain et le journaliste turc, Salaheddine esquisse les traits majeurs de la poésie de Shahriyar. A ces yeux, l’engagement caractérise cette poésie, échafaudée sur un langage solide et raffiné.
« Shahriyar était, rappelle Salaheddine, le fils de l’Islam. Il prit courageusement partie de la révolution islamique. A l’apogée du mouvement révolutionnaire, nous en Turquie, nous nous demandions si les poètes et les hommes de lettres aussi se trouvaient-ils aux côtés du peuple ? Entourée d’un halo d’incertitude, l’horizon s’éclaircit lorsque les poèmes en langue turque de Shahriyar nous parvinrent. A cette époque, nous nous félicitions qu’un aussi grand poète tel que Shahriyar se trouvait dans le contexte de la révolution islamique. Les poèmes postrévolutionnaires de Shahriyar évoquent l’engagement de leur auteur, ils montrent comment un poète avait voué son art et son talent à la politique ; non pas à la politique politicienne, mais à cette politique qui est, corps et âme, au service de l’humanité et aux serviteurs de Dieu. »
Poète militant, profondément marqué par sa foi, Shahriyar a consacré une partie de son œuvre à la guerre. Il se rendait, malgré son grand âge, sur les fronts de la guerre. Par sa verve imprégnante, il ne cessait d’encourager les combattants, composait des poèmes, les lisait lui-même dans différentes circonstances.
La plaine des martyrs est fleurie
En cet automne, ils annoncent le printemps
Soyez les dignes jardiniers de ces fleurs
Que sont ces preux combattants
Ce trait saillant de la poésie du maître Shahriyar réside, selon le Guide suprême de la Révolution islamique, l’honorable Ayatollah ol-ozma Khamenei, dans un point essentiel qui mériterait bien que nous nous y attardions. « Shahriyar a vécu durant ses dernières trente ans, une période importante, une période teintée de mysticisme et de spiritualité. Il se familiarisa davantage avec le Coran, il s’engagea dans un voyage mystique dont l’étape finale n’était que lui-même. Il illumina son âme de spiritualité. Les poèmes de ses trente dernières évoquent cristallisent cette même spiritualité. Il accueillit dans cet esprit religieux et cette mentalité limpide, l’avènement de la révolution islamique. Il joua à chaque instant crucial de la révolution un rôle déterminant. » Rappelle judicieusement l’honorable Ayatollah Khamenei.
Poète musulman de foi et de cœur, Shahriyar s’émancipe des contingences du monde ici-bas, grâce à cet amour mystique qui illumine son cœur. Issu d’une famille croyante et pratiquante, « la foi religieuse qui avait pris, au fil du temps les dimensions d’un amour mystique – le sommet de la ferveur en Dieu – l’avait imprégné depuis la fleur de l’âge. », note un critique littéraire. Le nom du Seigneur et du Maître ponctue son Divan. Il en avait fait son credo, il n’invoquait que Lui aux moments difficiles et ne louait que Son nom en tout instant. La religion était pour lui le chemin qui le conduirait directement au seuil de la cour divine.
Des années d’expériences, vécues à travers ce monde,
Voyageur solitaire que je fus, m’ont appris
Que j’arriverai de par ma solitude un jour à Toi, ô l’unique
Fi à ces vains et stériles cheminements à travers le monde
C’est dans l’âme et les yeux que je Te chercherai jours et nuits
Je traverserai la voûte bleue du ciel
Le cœur langui au bord de la mer de ton affliction
J’en humecterai une goutte et je serai la mer
J’ai compris enfin que le paradis promis
Se trouve dans Ta contemplation !

Source : IRIB


14:45 - 25/11/2016    /    numéro : 665864    /    affiche le compte : 265







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