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NOUROUZ

Le nouvel an iranien

Le nouvel an iranien

Zahrâ Boveyri
Traduit par
Maryam Devolder

La tradition de la nappe aux sept sin
A l’occasion du nouvel an iranien ou Norouz, dans toutes les villes et dans tous les villages, les Iraniens installent une nappe où sont placés différents objets. C’est autour de cette nappe ornée d’objets d’utilité courante que sont accueillis les nombreux visiteurs reçus lors de la nouvelle année. A l’époque des Sassanides, on y disposait du pain et sept sortes de féculents et haricots, symboles de la nourriture et de la vie. La coutume du Haft sin (sept " sin ") consiste donc à orner une nappe de sept objets dont le nom commence par la lettre "Sin" ( S ) en iranien ; tout en sachant que parfois on en dispose un nombre plus important et que leur nom ne commence pas toujours par la même lettre. En outre, certaines régions d’Iran comme le Kurdistan ou les régions centrales de l’Iran n’ont pas cette coutume, qui est remplacée par l’usage de sortes de feux d’artifices et de lampions.
Les régions qui ont adopté cette coutume étalent une nappe où sont disposées des pommes, du vinaigre, de l’ail, du sumac, des fruits du sorbier, des herbes odorantes, une crème faite à partir de germes de blé, de l’encens, des fleurs de printemps, des sucreries, du pain, des graines noires, des écus, et d’autres objets ou ingrédients dont le nom commence par la lettre "sin" en iranien, sans que cela ne renvoie à une quelconque philosophie ou tradition particulière.

Le Haft Sin
Certains pensent que les sept "sin" correspondaient en fait, aux sept shin du vin (sharab), du sucre (shekar), du sirop (sharbat), de la bougie (sham’), des haies (shemshâd) et d’un fruit particulier. D’autres pensent qu’il s’agissait au contraire d’une déformation du "tchin" des sept fruits cueillis de l’arbre. Quelquefois aussi, sept mim apparaissaient sur la nappe traditionnelle, avec les fruits (miveh), le yaourt (mâst), le poisson (mâhi), le poulet (morgh), la confiture (morabbâ), la crème d’amidon (masghati) et les crevettes (meygou).
La nappe qui est installée la veille du jour de l’an ou le jour même est souvent blanche, ornée d’un grand miroir -symbole du caractère infini du monde -, entouré de bougies qui scintillent durant toute la fête.
Des œufs peints, symboles de la fertilité et de la création de l’homme, sont placés en haut du miroir devant lequel on jette une poignée de grains de blé qui symbolisent la nourriture. Le pain symbolise quant à lui l’abondance. En outre, on met dans une carafe d’eau parfumée à l’eau de rose, des feuilles de grenadier et une orange pour représenter la terre dans l’espace, à coté d’un bol de terre cuite tout neuf.
Dans certaines régions, à côté du miroir et des bougies, on place des pots d’encens colorés, un bocal de poissons rouges, symboles des revenus licites, et un Coran accompagné d’une image pieuse qui représente l’Imam Ali. Un pot de sucre est également placé sur la nappe pour assurer le bonheur des membres de la famille. Les bouquets de fleurs, le lait, le yaourt, le fromage, les fruits et quelques pièces dorées décorent la nappe.
Les fruits, les pistaches et les gâteaux qui seront servis aux invités sont placés sur la nappe avec cette finesse et ce goût très particuliers aux Iraniens.
La porte de la pièce reste fermée jusqu’au moment précis où s’opère le changement d’année.
Le nouvel an iranien et l’ensemble des coutumes qui s’y rattachent est une tradition très ancienne qui remonte à l’antiquité. Ces fêtes exceptionnelles et parmi les plus anciennes dans le monde sont restées vivantes dans l’Histoire. L’historien Hérodote avait déjà décrit ces fêtes grandioses à l’époque des rois de Shush et de Persépolis, de la dynastie des Achéménides. Des scènes de la fête de Norouz sont également visibles sur les murs des deux escaliers à l’est et au nord de l’esplanade du palais d’Apadana.
A Persépolis, où Darius Ier recevait les représentants étrangers des Etats soumis à son pouvoir, des bas reliefs gravés sur la pierre datant de l’époque des Achéménides montrent les représentants des différentes régions et des pays alliés dans leurs vêtements traditionnels apportant des cadeaux et des produits agricoles ou de l’artisanat au roi. Ces bas reliefs montrent vingt trois groupes conduits par un chef qui devait être une des personnalités importantes de leur peuple et qui est invité par des serviteurs perses à se rendre au salon des invités.
L’écrivain et philosophe grec Xénophon raconte que les visites à l’occasion du nouvel an et les échanges de cadeaux devinrent une coutume à l’époque de Korush.
Ainsi, cette coutume qui existe encore de nos jours remonterait à plus de 2500 ans.
Abou Reyhân Birûni, grand savant iranien du XIe siècle, écrit dans son livre Al-Tahfim : "Norouz est le premier jour du mois de Farvardin, c’est pour cette raison qu’on l’a appelé le nouveau jour, à cause de sa coïncidence avec le premier jour du printemps et de l’année. On dédie ce jour à Jamshid qui aurait ordonné que l’on fête cette journée en se parant de nouveaux vêtements et ce nom est resté vivant jusqu’à aujourd’hui."
De même, Ebn Balghi souligne dans ses Lettres persanes que "Jamshid ordonna que les rois et les invités du monde se rassemblent dans la ville d’Estakhr pour rendre hommage au roi, assis sur son trône et vêtu d’habits neufs, aux fêtes du nouvel an".
Tous se rendirent à cette fête, attendant le moment où le soleil atteindrait l’équinoxe du printemps. C’est alors qu’il s’assit sur le trône pour prononcer un discours où il remercia Dieu de ses bienfaits envers lui et déclara qu’en remerciement de ces grâces, il se faisait un devoir d’être au service de l’humanité et d’étendre la justice et le bien au sein de tous ses territoires.
Après son discours, les invités lui présentèrent leurs vœux et fêtèrent ce jour qui était le premier jour du mois de Farvardin et qui devint une fête pour tous.
Il existe cependant des incertitudes quant à l’origine et l’attribution de cette fête à Jamshid, qui semble davantage être un personnage de légende cité par l’Avesta sous le nom de " Jam ".
Les Hindous de l’Antiquité avaient aussi un dieu du même nom avant que les Aryens ne se séparent en deux groupes, celui des Hindous et des Iraniens et avant leur émigration vers les terres de l’Inde et de l’Iran.
Si Jam vivait à cette époque, il ne s’était jamais rendu en Perse ni dans la ville d’Estakhr qui n’existait même pas à l’époque et qui n’était autre que la ville de Persépolis, fondée par Darius le Grand, nommée Pârs-shahr, dont le nom, traduit en grec, devint Persépolis.
Il semble qu’il y ait eu des confusions sur les origines de la ville de Persépolis et sur l’apparition de Jamshid sur le trône le jour de Norouz, avec l’époque de Darius le Grand et d’autres rois achéménides ; confusions qui ont contribué à la création de cette légende.
Jamshid n’était pas le prince héritier du trône et l’Avesta ne fait aucunement mention de la création du Norouz par Jamshid.
Dans l’ancien texte religieux hindou, le Vedaha, le nom composé "Jam-shid" apparaît, mais aucune allusion n’est faite qui correspondrait aux idées que les historiens iraniens se sont faites sur ce personnage, à l’époque des Sassanides et par la suite.
Malgré ces nombreuses controverses, il semble cependant que cette fête ait existé chez les Iraniens avant que les Achéménides n’arrivent au pouvoir. Cette fête s’enracinerait dans les anciennes croyances religieuses aryennes, environ 2000 ans avant J.-C., et même avant l’apparition de Zoroastre.
Le terme "fête" qui, dans l’Avesta, apparaît sous la forme "isna" et en sanskrit sous la forme "ijna", a le sens d’adoration. Les cérémonies de Norouz, à l’origine, étaient donc des cérémonies religieuses, selon une croyance des Iraniens de l’Antiquité qui pensaient que les esprits des morts descendaient cinq fois du ciel après le mois d’Esfand pour rendre visite à leur famille et à leurs proches. La maison devait donc être propre, il fallait aider les pauvres, oublier les difficultés et être gai pour faire plaisir aux esprits pendant leur courte visite, avant qu’ils ne rejoignent leur demeure éternelle.
Une autre coutume du Norouz apparue à l’époque des Sassanides est de faire germer sept grains. Cela peut être du blé, de l’avoine, des fèves, du mil, du riz, du maïs, des haricots ou des pois chiche ; et les graines qui poussaient le mieux annonçaient la meilleure des récoltes.
Hafez Basri, au Xe siècle, écrivait ainsi dans son livre Al mahâsin wa-l-addâd : "Le matin du jour de Norouz, à l’instant que les astronomes avaient prévu et annoncé comme marquant le début de la nouvelle année, le messager du Norouz, à cheval ou sur un âne, parcourait les rues et les ruelles en annonçant la grande nouvelle. Les habitants sortaient alors de leur demeure pour s’offrir des gâteaux et des sucreries en s’aspergeant d’eau".
La coutume des gâteaux remonte à des centaines d’années tout comme d’autres coutumes qui sont restées vivantes depuis les époques les plus reculées et qui font de cette fête une exception dans l’histoire des fêtes du monde.
Une des raisons de sa persistance est peut-être l’époque même où elle se déroule, au début du printemps, lorsque les jours et les nuits sont égaux et où la nature se réveille de son long sommeil hivernal, avec son cortège de bourgeons et de fleurs. Norouz est en fait la célébration de la nature qui abandonne sa parure de neige pour se revêtir de sa belle robe de verdure.
Le vert et la verdure sont des symboles importants de Norouz, et en cette occasion, une assiette où l’on a fait pousser de l’herbe est déposée sur la nappe des sept sin. On fait germer les graines dès le début du mois d’Esfand, un mois avant le Norouz, dans des assiettes ou des bols.
La coutume à l’époque des rois de Perse était de construire douze colonnes de pierres sur lesquelles était plantées douze graines. Le sixième jour de Norouz, à la fin de la fête, les jeunes pousses étaient éparpillées au vent lors d’une cérémonie spéciale. Dans les villages du centre de l’Iran, des niches ou sept trous étaient creusés dans les maisons ou dans les murs de la cour pour y planter les graines, comme c’est la coutume dans la ville de Khur.
L’achat de nouveaux vêtements fait également partie des coutumes de Norouz et de ce fait, les marchands de tissu des villes et villages sont mobilisés un mois à l’avance en vue de faire face à la demande.
Les nettoyages de printemps sont aussi au programme et commencent au début du mois d’Esfand. A cette occasion, tous sont mobilisés : femmes, hommes et enfants. Les parpaings des maisons rurales sont remis à neuf, comme en Azerbaïdjan, et les demeures sont parfois repeintes dans d’autres régions. Les vieilles choses sont jetées pour faire place à des objets neufs. Les tapis, les Gilim et les rideaux, sont lavés et les marmites de cuivre sont reblanchies. Tout doit être terminé avant le dernier mercredi de l’année.
Que mange-t-on le jour de Norouz ? Quelques jours avant la fête, les mères de famille et les pâtissiers se mettent au travail. Les œufs sont peints ou cuits dans des eaux colorées à l’oignon et seront offerts aux petits le jour des cérémonies. Une pâte de germes de blé est cuite spécialement ce jour-là. A Khukh, elle était auparavant si importante qu’elle symbolisait la force du maître de maison ; l’absence de ce "Samanou" le jour de Norouz représentant un danger réel pour la vie du père.
Les habitants de la région de Sistan ont trois sortes de gâteaux et de repas, dont des gâteaux de raisins secs, de farine de pois chiche, de dattes, d’abricots séchés, de farine de riz et des sortes de meringues parfumées d’épices et remplies de pâte de lentilles et de radis.
Les chants populaires de Norouz évoquent les sentiments des Iraniens au retour du printemps et sont aussi une occasion d’enseignement religieux. En effet, la perspicacité et l’art des poètes ne se limitent pas aux jours de joie de Norouz mais aussi aux cérémonies de Moharam, avec lesquelles coïncident parfois les fêtes de Norouz du calendrier solaire. Au sein de nombreux villages et villes d’Iran, les chanteurs passent devant les maisons pour annoncer l’événement quelques jours avant la fête. Trois ou quatre chanteurs se regroupent pour célébrer cette grande fête en louant le propriétaire de la maison, pour être ensuite accompagnés et repris par un chœur de voisins.
Des cortèges de marionnettes accompagnés de chants annoncent le printemps et le réveil de la nature aux habitants d’Ardabil, de Meskin Shahr et d’autres villes d’Azerbaïdjan.
"Le printemps arrive, qu’il soit le bienvenu,
Bonne fête et bonne année !
Félicitations pour ce jour, ce mois et cette année !
L’hiver nous quitte et fait place au printemps,
Félicitations pour ce jour, ce mois et cette année !
Si l’hiver vous était pénible, les neiges ont fondu et la terre s’est revêtue de sa nouvelle parure.
Les oiseaux chantent et font leur nid sur les branches,
Félicitations pour ce jour, ce mois et cette année !
Les chanteurs annoncent la croissance des troupeaux, le reverdissement des pâturages, le gonflement des rivières, la profusion des laitages et les transhumances. Un des chanteurs a l’honneur d’être le solo et est accompagné d’un chœur qui reprend les refrains. Parfois, c’est tout le groupe qui entonne ces chants printaniers.
Il y a longtemps, à l’époque des Maktab Khâneh, sorte d’école religieuse où étudiaient les enfants et les jeunes, l’instituteur du Maktab, chaque année avant les fêtes, lisait des poèmes sur Norouz accompagné par les enfants qui les chantaient pour leurs parents et les membres de leur famille, et récoltaient des présents pour leur maître.
Les chants traditionnels étaient humoristiques et pleins de sens. A l’époque des Qâdjârs, Mazâlem composa les fameuses chansons turques et les habitants de Gilan, qui ont un goût prononcé pour l’humour, avaient fait des brigades saoudiennes qui avaient été engagées pour faire régner l’ordre à l’époque d’Ahmad Shâh, le sujet de leur chanson du nouvel an et un prétexte pour exprimer leurs revendications politiques et sociales.
Après la révolte de Mirzâ Kuchak Khân, dans les forêts de Gilan, les chansons du nouvel an sont devenues porteuses de messages de liberté et de victoire pour les habitants d’Azerbaïdjan.
"Hâji Firouz" ou "l’Oncle Norouz" est un personnage qui apparaît au nouvel an. Vêtu de rouge, sa figure est noircie à la suie et il chante au son d’un tambourin dans un style clownesque pour recevoir quelques pièces en guise d’étrennes.
Dans les autres villes d’Iran, comme à Semnân, le païen Hâji Firouz a disparu des villes de cette région et le Norouz est l’occasion pour les membres de la famille de se rassembler autour de la nappe pour réciter des prières spéciales, puis les anciens de la famille sortent pour amener de l’eau et les herbes.
A Shâhroud, la coutume des chanteurs n’existe pas, mais les chanteurs des villages voisins se rassemblent dans les villes pour célébrer en chœur l’instant du nouvel an et sont accueillis par les habitants qui leur offrent des boissons et des sucreries.
Dans la région de Fârs, la fête de Norouz a une grande importance, car elle est non seulement une des plus anciennes traditions remontant à l’antiquité et une fête nationale, mais elle est aussi le symbole du renouveau et de l’éclosion de la nature.
Une quinzaine de jours avant la fête, les habitants de la région se lancent à la recherche de tenues nouvelles pour eux et leurs enfants et s’activent au grand nettoyage de printemps et à la cuisson des pâtisseries de la fête.
A Tuyserkan, les membres de la famille et les petits-enfants se rassemblent autour de la nappe pour réciter des prières. Personne ne part en voyage car cela serait une façon de fuir les visites du nouvel an. Pour cette raison, ceux qui sont en voyage reviennent le plus vite possible aux côtés de leur famille à l’instant de l’équinoxe.
Les gens qui n’avaient pas les moyens de s’offrir des nouveaux habits lavaient leurs vieux vêtements pour la fête, tout en accompagnant les anciens dans leurs prières pour une année meilleure et plus prospère. La façon de passer cet instant crucial présageait l’année à venir, il valait mieux sourire à la nouvelle année en agitant des écus dont le cliquetis repousserait la pauvreté durant la nouvelle année !
Suivaient les embrassades, les félicitations, les vœux et surtout les cadeaux pour les petits. Puis c’était le tour des visites aux parents et aux grands-parents, aux autres membres de la famille, aux voisins et aux amis. Les visites des femmes de Tuyserkan, près de Hamadan, duraient parfois des mois. Une des autres coutumes de Tuyserkan est le spectacle du couple de bergers qui parcourait les villages avec leur bâton, au son de la flûte et du tambourin et accompagnés par une foule d’enfants. Le vêtement du berger était de feutre, orné de clochettes, avec seulement trois trous pour les yeux et le nez. La bergère portait sur ses vêtements une jupe courte fortement plissée et colorée de coton qu’elle faisait tourner.
Ils entraient dans chaque maison dont la porte était ouverte, généralement celle des personnes fortunées, et présentaient leur spectacle de danse et de rires dans la cour intérieure, avant de recevoir du propriétaire des cadeaux ou des étrennes. Cette coutume existe encore dans certaines régions pour annoncer l’arrivée du printemps.
Tous les Iraniens en général tiennent à cette fête qui leur rappelle leurs meilleurs souvenirs d’enfance et qui accompagne l’arrivée du printemps.
Revue de teheran


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